Danse "Nuit sur le monde" Cie Mossoux-Bonté
Nuit sur le monde
Cie Mossoux-Bonté
Quel spectacle troublant que celui-ci ! Quel spectacle apocalyptique où se conjuguent noirceur, lumière diaphane, obscurité planante, où l'on voit s'avancer lentement, continuellement des corps au commencement de la pièce.
Ces corps, à l'aspect fantomatique, traversent le fond de la scène sans parvenir à se détacher du mur sur lequel ils s'appuient ; l'impression que l'on ne parvient pas à avancer sans l'aide d'un appui, que ce dernier est à la fois adjuvant et opposant, un repoussoir et un aimant. Il faudra attendre de longues minutes, amplifiées par une musique puissante, pour voir ces corps complètement indépendants de cette surface murale.
A ce moment, la lumière se fera forte, trop forte peut-être, comme si l'on regardait des animaux de laboratoire. L'on retrouvera d'ailleurs à la fin de la pièce ces mêmes corps nus séparés de l'espace du spectateur par un mince filet de tissu transparent.
Musique étrange, corps nus, « non-danse », tous les ingrédients de la danse contemporaine caricaturale et caricaturée y sont, mais habilement mis en scène pour qu'il n'y ait à aucun moment cette pensée d'avoir affaire à une énième création sans saveur, sans originalité.
Nicole Mossoux et Patrick Bonté, qui aiment dire que chaque création de la compagnie est le fruit du travail des deux comparses avec une envie forte de l'un, et un regard critique de l'autre, poursuivent leur esthétique théâtralisante où les visages apparemment neutres donnent toutes leurs forces au mouvement.

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